Ecotourisme au Vietnam : comment voyager autrement sans faire semblant

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Le mot « écotourisme » est devenu une promesse marketing. On le trouve sur les brochures des grandes agences qui remplissent des bus de 45 personnes et font une halte dans un « village traditionnel » aménagé pour la photo. Ce n’est pas de l’écotourisme. C’est du tourisme rebrandé en vert.

L’écotourisme au Vietnam – le vrai – c’est Jean-Pierre et Marie-Hélène qui passent deux nuits chez une famille Thai (Homstay Huy Thục) à Pu Luong en 2023, qui participent à la récolte du riz le matin avec les enfants du village, qui mangent ce que la famille mange, et qui repartent en ayant laissé directement leur argent dans cette économie locale. Sans intermédiaire. Sans pourcentage prélevé par une chaîne hôtelière à Hanoi.

Depuis 2003, c’est la façon dont on voyage avec nos groupes. Ce guide est là pour expliquer ce que ça veut dire concrètement.

Ce que l’écotourisme est – et ce qu’il n’est pas

Il n’existe pas de label officiel universel pour l’écotourisme en tourisme. N’importe quelle agence peut écrire « éco responsable » sur son site. Voici les 5 signaux qui distinguent un circuit qui mérite le nom d’un circuit qui l’utilise pour se vendre.

Signal

Ce que ça veut dire concrètement

Retombées économiques locales directes

L’argent va aux familles d’accueil, guides locaux, artisans – pas à des intermédiaires extérieurs au village

Petit groupe

Maximum 8-10 personnes – au-delà, l’impact sur le village devient négatif (bruit, saturation)

Guide local parlant la langue du village

Un guide qui vient d’ailleurs ne peut pas créer le lien authentique avec la communauté

Pas de site reconstitué pour touristes

Les activités (rizières, artisanat, cuisine) sont réelles – ce n’est pas un show

Durée suffisante

Une nuit chez l’habitant, c’est le minimum. Moins, c’est une visite, pas une immersion

Chez Capannam, on travaille exclusivement avec des familles d’accueil et des guides locaux qu’on connaît personnellement depuis des années. Les revenus des nuits chez l’habitant vont directement aux familles – on ne prend pas de commission sur ce flux.

Les destinations d’écotourisme qui nous tiennent à coeur

Pu Luong – la réserve naturelle la plus accessible du Nord

Pu Luong est une réserve naturelle de 17 646 hectares dans la province de Thanh Hoa, à 4 heures de Hanoi. Des rizières en terrasses, des rivières, des forêts de bambous et des villages de minorités ethniques Thai et Muong encore peu fréquentés par le tourisme de masse.

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Trek Pu Luong

C’est notre étape d’écotourisme préférée pour plusieurs raisons : elle est accessible depuis Hanoi sans vol intérieur, elle offre un dépaysement total, et les familles d’accueil avec qui on travaille sont des partenaires depuis 2019. Jean-Pierre et Marie-Hélène – retraités de Bordeaux, 67 et 64 ans – ont passé deux nuits à Pu Luong en octobre 2023. Le deuxième matin, sans qu’on leur demande, ils ont aidé la famille à repérer une fuite dans le système d’irrigation d’une parcelle de riz. Personne n’avait planifié ça. C’est ça, Pu Luong.

Ha Giang – le plateau karst des Hmong et des Dao

Ha Giang, à l’extrême nord du Vietnam, est l’une des régions les moins développées touristiquement du pays – et l’une des plus spectaculaires. Le plateau de Dong Van, classé géoparc UNESCO, offre des paysages de falaises calcaires et de vallées encaissées qu’on ne trouve nulle part ailleurs au Vietnam. Les marchés hebdomadaires des villages Hmong et Dao sont encore des espaces de vie réels, pas des marchés reconstitués pour touristes.

On ne propose Ha Giang qu’en petit groupe ou en circuit privé. Les routes sont difficiles, l’accès demande de la flexibilité, et la qualité de l’expérience dépend entièrement du rythme qu’on se donne. En minibus de 45 places, Ha Giang devient une photo. En petit groupe de 6 avec deux nuits chez l’habitant, c’est autre chose.

Yen Bai – les rizières Mu Cang Chai et les villages Tay

Yen Bai est moins connue que Sapa mais tout aussi belle. Mu Cang Chai, dans la province de Yen Bai, abrite des rizières en terrasses classées parmi les plus photographiées d’Asie – et pourtant, hors de la saison de la moisson (septembre-octobre), les villages restent calmes et accessibles sans foule.

Les communautés Daos à pantalon serrée de la région pratiquent encore la teinture à l’indigo, la fabrication de papier artisanal et la culture du thé. Ces savoir-faire peuvent s’observer directement dans les familles avec qui on travaille – pas dans des démonstrations organisées, mais dans le cadre de la vie quotidienne.

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Nos voyageurs avec Dai et son épouse en costume Daos

Mékong – l’immersion dans les îles fluviales

Le delta du Mékong dans le Sud est souvent réduit à une journée d’excursion en bateau depuis Can Tho. C’est une erreur. Passer deux ou trois nuits dans une famille sur une île fluviale – Ben Tre, Vinh Long, Tra Vinh – donne accès à un Vietnam qui n’existe pas dans les circuits classiques. 

Les familles produisent le riz soufflé, fabriquent les nems, récoltent les noix de coco, pêchent à l’aube. La vie est lente, les déplacements se font en barque. C’est l’un des endroits où nos voyageurs dorment le mieux – probablement parce qu’il n’y a rien d’autre à faire que de respirer.

Ce que nos circuits écotouristiques incluent – et excluent

On inclut :

  • Nuits chez l’habitant dans des familles qu’on connaît personnellement (pas des « homestays » commerciaux reconvertis en hôtels)
  • Guides locaux parlant la langue du village et le français
  • Repas préparés par les familles avec les produits locaux
  • Activités intégrées à la vie réelle (pas à la carte, pas planifiées à l’avance)
  • Contribution directe aux familles sans marge d’intermédiaire

On n’inclut pas :

  • Les « villages ethniques » accessibles depuis une route goudronnée avec parking pour bus
  • Les spectacles folkloriques organisés pour les groupes
  • Les artisanats achetés en gros dans les marchés de Hanoi et revendus comme « locaux »
  • Les hôtels « écolodge » qui utilisent le label mais sont détenus par des investisseurs extérieurs au village

Cette distinction est inconfortable pour certains voyageurs qui préfèrent le confort d’un écolodge avec piscine à la réalité d’une maison sur pilotis. Elle est essentielle pour tous ceux qui veulent que leur voyage ait un sens économique pour les communautés qu’ils visitent.

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Un repas chez l’habitant

Quelle immersion pour quel profil ?

Votre profil

Notre recommandation

Pourquoi

Première immersion, confort moyen

Pu Luong 2 nuits

Accessible, paysages spectaculaires, familles habituées aux francophones

Marcheur, aventure

Ha Giang 3-4 nuits

Paysages époustouflants, trek, rencontres Hmong et Dao

Famille avec ados

Yen Bai / Mu Cang Chai

Savoir-faire artisanaux, rizières, moins physique que Ha Giang

Seniors, rythme doux

Mékong 2-3 nuits

Pas de marche, immersion en barque, calme absolu

Culture + nature combinées

Ha Giang ou Pu Luong + circuit culturel Nord

Complémentarité naturelle avec Hanoi et Baie d’Along

Vos questions sur l’écotourisme au Vietnam

L’hébergement chez l’habitant est-il confortable ?

Franchement, ça dépend. Les familles avec qui on travaille proposent des lits avec matelas, des moustiquaires, des sanitaires propres – parfois avec eau chaude, parfois sans. Ce n’est pas le niveau d’un hôtel 3 étoiles. C’est un niveau de confort simple et propre, dans une maison réelle. Si ce niveau d’inconfort potentiel vous inquiète vraiment, on peut combiner une nuit chez l’habitant avec une nuit dans un petit lodge – c’est ce qu’on recommande aux voyageurs qui veulent tester sans s’engager à fond.

Comment savoir si une agence pratique vraiment l’écotourisme ?

Posez ces trois questions : Qui reçoit directement l’argent de la nuit chez l’habitant ? Quelle est la taille maximale des groupes que vous envoyez dans les villages ? Depuis combien d’années travaillez-vous avec les mêmes familles ? Si les réponses sont vagues, cherchez ailleurs.

Peut-on faire de l’écotourisme avec des enfants ?

Oui – c’est même une très bonne idée. Pu Luong est particulièrement adaptée aux familles avec des enfants de 8 ans et plus. Les enfants vietnamiens des villages accueillent souvent les jeunes visiteurs avec curiosité et franchissent plus facilement la barrière de la langue que les adultes. C’est souvent les enfants qui gardent les souvenirs les plus vifs de l’étape.

Les circuits écotouristiques coûtent-ils plus cher ?

Pas nécessairement. Les nuits chez l’habitant coûtent moins cher qu’un hôtel de ville. La différence vient parfois du transport (routes difficiles, transferts en voiture privée plutôt qu’en bus partagé) et de la durée des étapes (on ne presse pas le rythme pour faire « rentrer » le maximum de sites en peu de temps). Ce sont des choix qui ont un coût – mais pas excessif pour qui veut bien comprendre ce pour quoi il paie.

Écotourisme et circuits Capannam

L’écotourisme n’est pas une thématique isolée dans nos programmes – c’est une façon de voyager qu’on intègre dans tous nos circuits selon les étapes. Certains circuits en font le fil conducteur, d’autres l’intègrent sur 2-3 jours.

Nos circuits avec étapes écotouristiques :

Devis sur mesure : si vous voulez un circuit entièrement construit autour de l’immersion locale, on le construit. Durée, budget, profil physique, saison : on adapte. Demandez votre devis

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